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Les idées fausses les plus fréquentes sur MINERGIE

Des affirmations complètement ou partiellement erronées sur les standards MINERGIE ont été publiées dans des articles du « Tagesanzeiger » et de la « NZZ am Sonntag », ainsi que dans la revue « Tracés » à fin 2012.
Des problèmes réellement ou prétendument rencontrés avec certains bâtiments ont ainsi été attribués de manière généralisée aux standards MINERGIE. Si les articles en question ont rencontré un grand succès, ils ont aussi entaché la confiance du grand public dans ces techniques de construction largement répandues depuis bientôt 20 ans. Nous souhaitons donc tordre le cou à ces idées reçues.
1. Le système de ventilation exigé par le standard MINERGIE assèche l’air :
Les locaux chauffés sont toujours secs dès lors que la température extérieure est basse, que la température ambiante est élevée, qu’ on laisse entrer une grande quantité d’air et que peu d’humidité est produite dans les pièces.
Ainsi, des locaux avec peu de sources d’humidité, une température extérieure négative, une température intérieure d’environ 25°C et un air non pollué auront automatiquement un taux d’humidité ne dépassant pas 20%.
Que l’air soit renouvelé par un système de ventilation, des ouvertures ou encore l’aération par les fenêtres ne changent absolument rien à ce phénomène. Ce problème touche également les logements spacieux abritant peu de personnes et dépourvus de végétaux. Le fait que de nombreux bâtiments soient trop ventilés en hiver et donc que l’air y soi t trop sec est connu.
Toutefois, les architectes craignent souvent plus les odeurs que la sècheresse de l’air.
Un système de ventilation automatique intelligent permet de renouveler l’air en apportant moins d’air extérieur que si l’on ouvrait les fenêtres, car il permet de réutiliser l’air plusieurs fois, en le faisant circuler p. ex. du bureau ou de la chambre à coucher jusqu’aux toilettes,en passant par le couloir et éventuellement le salon. Cela évite généralement que le taux d’humidité chute en-deçà de 30%. Une valeur supérieure, en particulier dans les bureaux, ne peut être garantie que par un système d’humidification, qu’il s’agisse de bâtiments MINERGIE ou non.
2. Avec MINERGIE, on ne peut/doit pas ouvrir les fenêtres, ce qui rend l’atmosphère étouffante :
Les standards MINERGIE exigent un système de renouvellement automatique de l’air, même pour les logements. L’application concrète de cette exigence est laissée à l’appréciation des architectes. La ventilation de confort garantit une qualité de vie optimale et une faible consommation d’énergie grâce à une récupération de la chaleur; elle est donc actuellement utilisée dans 95% des cas. Il est ainsi possible d’ouvrir les fenêtres à tout moment sans nuire à la ventilation des autres pièces. Si le dispositif fonctionne bien, les occupants des bâtiments ne ressentent toutefois pas le besoin d’ouvrir les fenêtres, car la qualité de l’air est constamment bonne. Une étude réalisée sur plusieurs centaines d’appartements a en effet démontré que pendant la période de chauffage, les fenêtres des bâtiments équipés de la ventilation de confort étaient cinq fois moins souvent ouvertes que celles des autres bâtiments.
Il est faux de croire que des murs extérieurs perméables garantissent l’évacuation des substances nocives et rendent ainsi inutile l’aération des bâtiments. Même des murs perméables à l’humidité n’empêchent pas de devoir chasser cette dernière – de même que les substances nocives – via un renouvellement de l’air.
3. La ventilation dite de confort ne sert qu’à des fins de marketing :
L’importance accordée à une ventilation automatique s’explique par les problèmes d’hygiène récurrents rencontrés dans les bâtiments bien isolés ne disposant pas de système de ventilation.
Le fait de n’aérer que rarement un bâtiment (parce que l’on n’y pense pas ou parce que l’on souhaite dormir avec les fenêtres fermées) peut entraîner non seulement des odeurs désagréables, mais également une trop forte concentration de CO2 dans l’ air, voir e des moisissures.
En gardant les fenêtres fermées dans les locaux équipés d’une ventilation automatique de l’air avec un système de récupération de la chaleur, on se protège contre les bruits extérieurs, la poussière, les insectes, le pollen, le vent, la pluie ou encore les visiteurs indésirables, et ce, même en l’absence des occupants et au prix d’une très faible consommation d’énergie.
4. Les bâtiments MINERGIE ne peuvent pas être équipés de fenêtres oscillo battantes :
Certains architectes et maîtres d’ouvrage ne souhaitent pas installer de fenêtres oscillo battantes car, selon eux, les occupants seraient trop souvent tentés de les ouvrir à mauvais escient, à savoir pour réguler la température. L’Association MINERGIE n’impose pour sa part aucune exigence à ce sujet. Elle recommande au contraire l’intégration de telles fenêtres car celles-ci permettent de refroidir la pièce lors des nuits d’été. La régulation du chauffage doit être simple pour qu’elle soit naturellement utilisée par les occupants.
5. La ventilation génère du bruit et des courants d’air :
La ventilation de confort achemine moins d’air dans les pièces que les installations de climatisation, car elles ne sont utilisées qu’à des fins d’hygiène. Les circuits hydrauliques de chauffage et de climatisation sont presque toujours séparés (chauffage au sol ou panneaux rayonnants). Un spécialiste compétent peut donc facilement régler le débit d’air à une vitesse si faible qu‘aucun courant d’air ni bruit n’est perçu. Des amortisseurs de bruit de qualité permettent encore de mieux réduire les bruits de la ventilation, afin qu’elle respecte les exigences strictes du cahier technique SIA 2023 relatif à la ventilation des habitations. Ainsi, lorsqu’elles fonctionnent normalement, les installations sont inaudibles.
6. Un système d’aération génère des impuretés et provoque des maladies :
L’air extérieur est filtré avant d’entrer dans le système de ventilation, ce qui permet d’éviter l’intrusion d’insectes, de poussière et de pollen. Le système de distribution de l’air adapté peut en outre être nettoyé entièrement dans le cas où un appareil est utilisé ponctuellement sans filtre. L’air n’étant ni refroidi ni humidifié, il n’y a aucun risque de condensation ni de propagation des microbes.
L’air entrant par les ventilations de confort est donc plus propre que si l’on ouvrait les fenêtres, comme l’a prouvé une étude sur l’hygiène réalisée par la Haute école de Lucerne en 2012, et cela même dans le cas de systèmes vétustes et mal nettoyés.
7. Les économies d’énergie ne couvrent pas les frais supplémentaires, du moins actuellement :
Compte tenu du prix actuel moyen de l’énergie, la consommation minimale pour un appartement MINERGIE de 150 m2 coûte de 300 à 1000 francs par an (en fonction des installations), ce qui ne permet guère d’amortir les investissements supplémentaires réalisés pour satisfaire les exigences MINERGIE. Outre la protection du climat et de l’environnement, le principal intérêt de MINERGIE réside dans une meilleure qualité de vie (confort et santé) et une augmentation de la valeur des bâtiments sur la durée.
Compte tenu de la croissance rapide de la demande d’énergie en Extrême-Orient, la probabilité est grande pour un jeune couple d’être confronté un jour à des problèmes d’énergie pour chauffer son logement.
L’installation ultérieure d’isolation thermique et d’une ventilation de confort coûtera bien plus cher que si tout est planifié dès le début de la construction ou de la rénovation.
8. Il n’existe pas de contrôle de l’efficacité des bâtiments MINERGIE :
Les labels MINERGIE se basent sur une consommation théorique pour une utilisation standard, tout comme les prescriptions légales. Toutefois, comme chacun le sait, la consommation d’eau chaude, la température ambiante et l’utilisation des portes et fenêtres varient fortement en fonction des utilisateurs. Des bâtiments similaires peuvent présenter des consommations qui vont du simple au double, selon leur utilisation. L’objectif de MINERGIE est de garantir un confort élevé avec une faible consommation d’énergie dans le cadre d’une utilisation normale.
La certification MINERGIE porte en effet sur des bâtiments et non sur des personnes. Une étude réalisée en 2003 par la Haute école spécialisée de Saint-Gall sur un grand nombre de bâtiments MINERGIE a mis en évidence une consommation moyenne d’énergie inférieure de 5% à la valeur théorique pour les maisons individuelles et supérieure de 10% à cette valeur théorique pour les immeubles, ce qui représente un excellent résultat étant donné que les prix de l’énergie étaient alors relativement bas. Comparativement à des bâtiments construits conformément aux prescriptions légales, cela correspond à une consommation d’énergie divisée par 2. Une nouvelle étude de ce type est en préparation.
9. Les documents fournis et l’exécution des travaux ne sont pas assez bien contrôlés dans le cadre de l’attribution du label MINERGIE :
L’attribution du label fonctionne de manière similaire à la procédure normale de demande d’autorisation de construire: elle fait suite à une vérification exhaustive des calculs énergétiques et à un contrôle ponctuel de l’exécution des travaux visant à s’assurer que les prescriptions consignées dans les documents de planification sont bien respectées. Si elle constate des différences importantes, l’Association peut retirer le label et prendre des sanctions à l’encontre du responsable. La procédure se base sur le principe de la responsabilité individuelle. Un contrôle minutieux de l’exécution des travaux impliquerait plusieurs visites de chaque chantier et donc des coûts de certification prohibitifs.
10. Le standard MINERGIE ne comprend aucune prescription en matière de qualité de l’air
C’est vrai, tout comme pour l’épaisseur du plancher, le diamètre des canalisations ou encore la protection acoustique des portes des chambres à coucher! Aucun produit particulier n’est indiqué non plus. Pour la plupart des détails de ce type, MINERGIE se base sur les normes en vigueur, notamment celles édictées par la SIA et par la SICC.
Le standard MINERGIE de base n’exige qu’une valeur limite en matière de consommation d’énergie, la valeur minimale prescrite par les cantons en matière d’isolation thermique de l’enveloppe du bâtiment et un système de ventilation automatique. Il en va de même pour les standards MINERGIE-P, MINERGIE-A et le complément -ECO qui nefixent que quelques obligations supplémentaires.
11. Les maisons MINERGIE sont équipées de systèmes délicats et surchauffent en été à cause de leur isolation :
Une bonne isolation thermique et une ventilation de confort réduisent la tendance des bâtiments à trop chauffer en été, car elles laissent pénétrer peu de chaleur, même lorsque la température extérieure est élevée. Une éventuelle surchauffe des pièces en été est imputable aux grandes fenêtres lorsqu’elles ne sont pas ou trop peu ombragées, ou à une masse thermique insuffisante donc incapable d’absorber la chaleur du jour et de la restituer la nuit.
Etant donné que les fenêtres exposées aux rayons du soleil et non protégées laissent entrer beaucoup plus de chaleur que nécessaire, les bâtiments MINERGIE ne se distinguent en aucun cas des autres à cet égard.
12. Dans une maison MINERGIE, les utilisateurs ne peuvent régler ni la température ambiante ni le débit d’air :
Les installations de chauffage des bâtiments MINERGIE ont des puissances faibles, car ces bâtiments nécessitent peu de chauffage. Les surchauffes causées par un mauvais réglage sont donc moins énergivores que dans les bâtiments classiques, même si ces derniers ont un chauffage à basse température par le sol. D’autre part, lorsque la fenêtre est fermée, il est généralement impossible dans un appartement MINERGIE de refroidir la chambre à coucher de plus de 2 à 3°C par rapport aux autres pièces.
Toutes les pièces présentant ainsi plus ou moins la même température, on renonce donc souvent à installer des thermostats dans chaque pièce. En revanche, il n’est pas rare de trouver un thermostat intérieur qui arrête automatiquement le chauffage quand le logement est suffisamment chaud que ce soit dans des bâtiments MINERGIE ou d’autres constructions neuves.
En outre, chaque habitation dispose au moins d’un système d’équilibrage du chauffage permettant de réduire manuellement la température de chacune des pièces. Les reproches relatifs à l’impossibilité de régler le chauffage ne peuvent être dus qu’à un défaut d’informations de l’utilisateur ou à un chauffage pas adéquat.
La grande majorité des logements MINERGIE sont équipés de leur propre dispositif de ventilation. La plupart des utilisateurs peuvent ainsi décider eux-mêmes du débit d’air. Ils doivent alors remplacer le filtre de leur appareil deux fois par an. Dans un petit nombre d’immeubles MINERGIE, un dispositif central fournit un débit d’air constant – ou accru le midi ou le soir – qui ne peut pas être réglé individuellement par les utilisateurs. Depuis peu, dans ces cas on installe des régulateurs de débit d’air dans chaque appartement: l’usager peut alors le régler
lui-même, même s’il existe un dispositif central.
13. Les bâtiments MINERGIE ne peuvent être refroidis
Les standards ne fixent que des objectifs et laissent libre le choix de la technique permettant de les atteindre. On peut ainsi chauffer, refroidir, climatiser et produire de l’eau chaude avec les systèmes de son choix dès lors que ceux-ci respectent le seuil énergétique défini et ne se révèlent pas particulièrement onéreux ou inconfortables. Un refroidissement actif utilisant des sondes géothermiques ou le chauffage au sol ne requiert quasiment pas d’énergie, offre un gain de confort considérable et réachemine de la chaleur vers la sonde qui peut alors être
mise à profit pour le chauffage en hiver.
14. Les constructions évolutives, comme les bâtiments à énergie positive, sont bien plus avantageuses que MINERGIE pour le futur
Dans une maison MINERGIE, le besoin en chaleur pour le chauffage n’est déjà guère supérieur au besoin pour la production d’eau chaude. Il est principalement déterminé par les habitudes des utilisateurs. Une réduction supplémentaire de ce besoin de chaleur n’est possible qu’en améliorant encore plus l’isolation thermique. Si toutes les pertes de chaleur sont complètement éliminées, les économies en termes de coûts par rapport à une maison MINERGIE standard ne s’élèvent que de 100 à 400 francs par an pour un logement de 150 m2.
Le potentiel d’optimisation est donc très réduit. La décision d’installer des panneaux solaires sur le toit afin de produire l’électricité nécessaire au fonctionnement des installations de chauffage et pour couvrir la consommation des habitants de la maison est une question d’optimisation économique et esthétique. Pour un logement mansardé de 150 m2 qui rapporte un revenu locatif de près de 25’000 francs par an et dont la surface de toit inclinée génèrerait l’équivalent de 2’500 francs par an d’électricité, il n’est pas optimal que la production d’électricité entrave la jouissance du bien, en l’occurrence des terrasses ou des fenêtres de toit.
Le standard MINERGIE-A (consommation d’énergie nulle) est la base pratique sur laquelle des solutions techniques et des concepts de bâtiments peuvent se développer, qui s’appliqueront aussi petit à petit aux autres standards MINERGIE.
Contrôle de l’efficacité pour les bâtiments MINERGIE:
La consommation d’énergie a été mesurée dans plus de 500 bâtiments MINERGIE en 2003/2004 et comparée avec des constructions neuves conventionnelles des années 1998 à 2000. «Pondéré» signifie que la consommation d’électricité a été multipliée par un facteur deux par rapport aux combustibles fossiles.
Les différentes valeurs sont très dispersées, aussi bien pour les constructions MINERGIE que pour les constructions conventionnelles. La valeur moyenne des bâtiments MINERGIE est toutefois proche de la valeur limite de l’époque de 160MJ/(m2a) et elle est près de 2.5 fois inférieure à la valeur des bâtiments conventionnels (source : «Praxistest MINERGIE, Erfahrungen aus Planung, Realisierung und Nutzung von MINERGIE-Bauten», Haute école de technique, gestion et travail social de Saint-Gall, juin 2004, mandat de la Conférence des services cantonaux de l’énergie).
Les principaux avantages de la ventilation de confort pour les utilisateurs:
Elle amène automatiquement de l’air frais dans les locaux, même lorsque les fenêtres sont fermées, et elle évacue continuellement les odeurs et l’humidité. La fonction de protection des fenêtres contre les courants d’air, les pertes de chaleur, le bruit extérieur et la poussière est donc également assurée. De plus, la récupération de chaleur diminue la consommation d’énergie pour le chauffage.

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